Check-list > Observer l'apparence
Les documents officiels sont généralement produits en masse avec du matériel très spécifique. Il est par donc logique qu'ils présentent des caractéristiques similaires lorsqu'ils découlent du même modèle.
Il est important de comparer avec des modèles documentés ou des exemples réels. La comparaison doit se faire de manière réfléchie, car des divergences peuvent parfois s'expliquer. Voici quelques causes possibles (liste non exhaustive) :
Certains documents diffèrent légèrement par rapport aux spécimens documentés.
Des problèmes techniques surviennent parfois durant la fabrication. Ils affectent généralement toute une série plutôt qu'un seul document.
Certains documents sont préimprimés "vierges" (produits avec des données fixes / images de fond) puis transmis vers des bureaux décentralisés qui les personnalisent ensuite. Dans ce cas, le matériel d'impression et les procédés ne sont pas toujours identiques d'un bureau à l'autre.
Les documents officiels sont produits selon des modèles précis qui évoluent au fil du temps, notamment pour répondre à de nouvelles normes légales ou pour inclure de nouvelles sécurités techniques. Des spécimens sont souvent fournis aux autorités des autres pays et font l'objet de documentations techniques (voir notamment les sites publics EDISONTD et PRADO).
Il est essentiel de vérifier la concordance entre le document examiné et le modèle théorique.
Ce faux permis daté de 2014 a été produit en imitant un modèle qui n'était déjà plus produit.
Ce faux permis daté de 2016 a été produit en imitant un modèle qui n'existait pas encore. La date indiquée est forcément incohérente.
La comparaison doit se faire en tenant compte de certaines particularités :
Des modèles évoluent légèrement sans que cela ne soit documenté massivement.
Certaines autorités continuent à diffuser des documents produits sur la base d'anciens modèles. Cela peu notamment survenir avec des documents personnalisés de manière décentralisée afin d'écouler les stocks restants.
La comparaison ne doit pas s'arrêter au modèle global. De nombreux points de comparaisons sont possibles.
De nombreux documents sont pourvus d'une puce sans contact (RFID). Ils comportent généralement un logo spécifique. Les caractéristiques de telles puces varient mais dans tous les cas, leur présence physique doit pouvoir être observée par transparence (une lampe torche de bonne puissance suffit). Attention : Il existe des documents qui contiennent une puce RFID sans afficher de logo particulier.
Les illustrations suivantes montrent que les spécimens diffèrent parfois légèrement de ce qui est réellement produit. Il faut donc faire preuve de prudence lorsque des divergences sont observées.
Il existe de très nombreuses polices d'écriture et donc de jeux de caractères différents. En ce qui concerne les documents officiels, les pratiques varient d'une autorité à l'autre. Certains documents comportent d'ailleurs des polices très spécifiques, voire uniques (caractères anamorphiques).
Un chiffre ou une lettre peut donc avoir différents aspects selon la police utilisée.
Au niveau international, les caractères qui composent les zones de lecture optique (notamment les MRZ) doivent apparaître avec une police d'écriture spécifique (OCR-B).
Par conséquent :
Il est fréquent que des documents officiels comportent simultanément plusieurs polices d'écriture différentes.
Pour un même modèle ou une même série, les données fixes sont les mêmes d'un document à l'autre; les polices d'écriture doivent donc l'être aussi.
Lorsqu'un document est personnalisé de manière décentralisée, il est possible que les polices utilisées pour les données variables diffèrent d'un bureau à l'autre (si ces bureaux utilisent un système d'impression couplé à un même logiciel, les caractères doivent en principe être identiques d'un à l'autre).
Les accents et les signes de ponctuation doivent aussi être comparés en détails (exemple : un point peut apparaître sous forme de carré sur certains documents et de rond sur d'autres).
En plus de la police il faut également vérifier si le style est conforme (gras, italique, etc).
Et enfin, il convient d'être attentif au fait que la taille peut aussi varier d'un caractère à l'autre. C'est d'ailleurs le cas dans la plupart des MRZ.
En considérant la façon dont les documents sont imprimés et/ou gravés et en tenant compte des précautions d'usage évoquées ci-dessus, il faut analyser et comparer aussi bien horizontalement que verticalement les alignements spécifiques :
des données personnalisées par rapport aux images de fond.
des données personnalisées par rapport aux titres des rubriques.
des données entre elles et des intitulés entre eux.
des caractères entre aux au sein d'un même mot.
Des fautes d'orthographe ou des caractères écrits de manière anormale doivent attirer l'attention. D'une part, les documents officiels sont généralement produits de manière sérieuse (du moins les matrices d'impression). D'autre part, les faussaires sont susceptibles de commettre des erreurs, surtout lorsqu'il s'agit de reproduire des alphabets qu'ils ne maîtrisent pas forcément.
Attention : Certains documents authentiques comportent des erreurs ou incohérences (volontaires ou non).
Lorsqu'il s'agit d' "erreurs intentionnelles", celles-ci sont généralement peu documentées. Voici un autre exemple spécifique aux permis de conduire délivrés par le Panama.
Des erreurs peuvent parfois apparaître dans l'orthographe du nom et/ou du prénom, notamment lorsqu'un employé enregistre une personne venant d'un pays où l'alphabet est différent. Lorsque l'identité est indiquée au moyen de plusieurs alphabets, il est courant que seul le premier prénom soit renseigné avec des caractères latins.