La façon de procéder est immanquablement influencée par les circonstances de temps, de lieu, de stress, de danger, le matériel et la documentation disponibles, ainsi que l'expertise du contrôleur par rapport à la fraude documentaire en général et par rapport au document spécifique à examiner.
La check-list ci-dessus comporte un certain nombre de points de contrôle destinés à catégoriser (vrai / faux). Il est évident qu'il est pratiquement impossible de tout vérifier à chaque fois et tout particulièrement sur le terrain.
Une pratique assidue permet de cibler au fur et à mesure les points qui semblent les plus efficaces selon les cas. Bien que certains documents nécessitent un examen approfondi par du personnel spécialisé et du matériel de pointe, l'expérience montre que la plupart des faux peuvent être détectés rapidement avec de bonnes connaissances, un peu de matériel et une pratique régulière. De même, l'observation de points clés permet aussi de déduire qu'un document semble authentique pour éviter de prendre des mesures préjudiciables lorsque tout semble normal.
Quoi qu'il en soit, voici quelques pistes pour appréhender au mieux les différents points de la check-list.
Rechercher des incohérences :
Comment le document a-t-il été commandé, conçu, distribué et conservé ?
Est-ce que son état général et ses éventuelles traces d'endommagement peuvent constituer des indicateurs de faux ou au contraire témoigner d'une usure normale ?
Vérifier au besoin pour éviter les conclusions hâtives.
Consulter des bases de données officielles dans le respect des règles de protection de la vie privée, pour :
vérifier l'existence du document, des données et numéros apparents.
s'assurer de l'absence d'annulation, suspension ou révocation du document
Le titulaire / utilisateur peut éventuellement afficher la version digitale équivalente ou d'autres documents en rapport.
À défaut, diverses sources ouvertes permettent souvent de rechercher des informations en ligne.
Comparer avec des échantillons sûrs pour déceler d'éventuels écarts de conception ou des anomalies, en utilisant notamment :
des spécimens officiels détaillés par des experts ou les autorités émettrices.
des copies anonymisées de documents réellement émis et archivées.
Utiliser différentes sources lumineuses pour révéler certaines caractéristiques : :
éclairage direct (imperfections de surface, retouches).
lumière rasante [oblique] (éléments tactiles, impressions par pression, textures).
lumière transmise [par l'arrière] (filigranes, fil de sécurité, présence d'une puce intégrée).
éclairage ultraviolet (éléments fluorescents, authentification de certaines encres).
éclairage infrarouge (révélation d'encres invisibles ou de surcharges).
Une loupe permet d'observer des détails (impossibles) à voir à l'oeil nu, pour (notamment) :
repérer certaines altérations.
distinguer les techniques d'impressions.
vérifier certaines sécurités.
La prise de photos ou de vidéos au moyen d'un téléphone mobile posé sur une loupe ou l'utilisation d'un système de transmission d'images en direct permet d'observer davantage de détails sur un écran plus adapté. Attention aux photos digitales dont les retouches automatiques peuvent entraîner des erreurs de perceptions.
Incliner le document sous différents angles pour observer des éléments optiquement variables (hologrammes et dispositifs apparentés, encres à changement de couleur, images laser variables).
Utiliser le toucher pour examiner le support et d'autres éléments d’un point de vue tactile (reliefs, découpes, superpositions).
Maintenir le contact pour augmenter la température quelques instants sur certaines zones pour tester les encres censées réagir sous l'effet de la chaleur.
Lâcher une carte pour percevoir le bruit et le rebondissement éventuel lorsqu'elle tombe sur un support dur afin de distinguer un support en polycarbonate ou simple plastique.